Dans le football italien, comme nous le savons, le temps est une variable élastique : le passé se regrette, le présent se discute et le futur se planifie... le repoussant souvent à une date ultérieure. Les paroles du nouveau président de la FIGC Giovanni Malagò, dans une interview à La Repubblica, remettent au centre l'une des questions les plus délicates de notre système de football : la propriété des stades. Un sujet qui, en Italie, continue de se dérouler au milieu de la bureaucratie, des projets annoncés et des chantiers encore sur papier, alors qu'ailleurs, c'est déjà devenu une administration normale. Et le successeur de Gravina a pointé du doigt les grands présidents du passé, qui auraient pu investir dans de nouvelles installations, en abandonnant un peu trop de joueurs. Et dans la liste citée par le nouveau numéro un du football italien, il y a aussi l'avocat Agnelli. Cependant, Malagò a oublié un petit détail : la Juve en Italie a été la première à fonder son propre stade. Les paroles de Malagò et le regret des années d'or J'ai souvent soutenu que, de la fin des années 1990 au début des années 2000, lorsque notre championnat était encore le premier au monde, nos magnifiques présidents, Moratti, Berlusconi, Agnelli, mais aussi Cragnotti et Sensi, auraient pu renoncer au contrat d'un ou deux joueurs pour obtenir un joli prêt pour un stade. Aujourd'hui, ils se seraient retrouvés comme un patrimoine, a déclaré Malagò. Une observation qui reflète bien l'un des grands problèmes structurels du football italien : alors que les grands clubs ont investi des millions sur le marché, peu ont choisi de se concentrer de manière décisive sur les infrastructures. Le résultat est un système dans lequel, encore aujourd'hui, de nombreuses entreprises se retrouvent obligées de négocier avec les administrations municipales des projets à long terme, impliquant des processus complexes et des délais souvent indéterminés. Et, selon les mots de Malagò, la Vieille Dame aurait également fini dans ce chaudron de myopie. . . qui, cependant, avait déjà mis le nouveau projet par écrit depuis 2008 jusqu'à ce qu'il soit achevé avec un président de la famille Agnelli, Andrea. La Juventus et le bilan du Stade en 2011 C'est la Juventus qui a marqué un tournant dans le panorama italien, en inaugurant en 2011 le stade Allianz, la première installation appartenant à notre pays à l'ère moderne. Un projet qui a choisi d'investir dans une structure privée, avant-gardiste et dans l'air du temps. La construction de l'installation a représenté non seulement une révolution sportive, mais aussi une révolution économique et de gestion : contrôle direct des recettes, amélioration de l'expérience des supporters et plus grande stabilité des revenus. Des éléments qui, au fil du temps, ont contribué à renforcer la compétitivité du club, posant les bases du cycle de domination en Serie A dans les années suivantes. Tandis que la Juventus consolidait son modèle, d'autres grands clubs comme Milan et l'Inter devaient faire face à des processus plus complexes, comprenant des discussions politiques, des discussions avec la municipalité de Milan et des projets encore en phase de définition ou de révision. Un retard qui, dans la comparaison européenne, continue d'avoir un impact et qui fait du cas de la Juventus un exemple souvent cité lorsqu'on parle de modernisation du football italien. Les déclarations de Malagò sont donc également correctes, mais il a mis un Agnelli de trop sur la liste.