Ce ne sera pas seulement le froid du cercle polaire qui accueillera Alessandro Bastoni en Norvège. Le défenseur de l'Inter arrive à Bodo avec les déchets de la polémique qui a éclaté après le dernier grand match contre la Juventus. L'épisode incriminé - une simulation qui a coûté cher aux Bianconeri avec l'expulsion de Kalulu - a déclenché un débat qui a dépassé les frontières italiennes. En vue du match aller des éliminatoires de la Ligue des Champions contre Bodo Glimt, la presse locale a braqué les projecteurs sur le défenseur central des Nerazzurri. Notamment le site An. non, il a consacré un éditorial sévère à l'affaire. Un accueil annoncé tout sauf chaleureux pour le numéro 95 de l'Inter. Selon ce qu'a rapporté le journaliste Borre Arntzen : Ce qui s'est passé à San Siro samedi dernier montre à quel point certains footballeurs italiens sont prêts à aller plus loin pour le bénéfice de leur équipe. Des propos lourds, qui anticipent un climat tendu dans les tribunes. Alessandro Bastoni sera sur le terrain et, à vrai dire, le public de Glimt a toutes les raisons de le lui faire savoir : avec des huées, pas avec de la haine et des menaces, lit-on encore dans l'article. Une invitation au concours, donc, mais sans franchir la limite. L'article souligne à quel point les réactions sur les réseaux sociaux ont été « implacables et bien au-delà de l'acceptable ». On parle même de menaces de mort reçues par le défenseur, circonstance qui a poussé l'Inter à intervenir publiquement. Le club Nerazzurri a exprimé son plein soutien à son joueur, condamnant toute forme de haine. C'est totalement inacceptable, quoi qu'il arrive sur le terrain, souligne encore Arntzen. Une position qui tente de distinguer la critique sportive des attaques personnelles. Toutefois, le sentiment demeure que l’affaire a pris des dimensions bien plus vastes qu’un simple épisode de jeu. L'éditorial norvégien ne se limite pas à rapporter l'épisode, mais élargit le débat à une réflexion plus large. Mais toute cette situation, y compris la célébration provocatrice de Bastoni après l'expulsion de Kalulu, en dit long sur jusqu'où les joueurs italiens sont prêts à aller pour gagner des matchs de football. Une déclaration qui remet en cause non seulement l’individu, mais tout un mouvement footballistique. Selon l'auteur, ce qui a été vu à San Siro représenterait la version extrême de quelque chose que Glimt rencontre rarement dans le championnat norvégien. La référence est à une culture dans laquelle tromper l'arbitre est presque considéré comme faisant partie du métier. Un passage qui sent la généralisation et qui ravive d'anciens préjugés sur la Serie A. Pourtant, dans le même article, la valeur de l'Inter ne manque pas, définie comme une équipe composée de joueurs fantastiques, d'un excellent collectif et d'un groupe tactiquement préparé et très, très difficile à battre. Cependant, le dernier avertissement demeure : Bien sûr, cela ne sera pas plus facile si plus que Bastoni décide de recourir à la tricherie et à la tromperie. Des mots qui attestent à quel point l’épisode a fait le tour de l’Europe. Et qui transforme le défi européen en un affrontement houleux non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan culturel.