Le théâtre de la rencontre, à lui seul, sonne déjà comme une déclaration d’intention. C'est du moins ce qu'espère la direction de la Juventus, prête à profiter du soleil, de la mer et en général de la légèreté étincelante de la Riviera romagnole pour favoriser un dégel au plus vite. Bien entendu, aujourd'hui au Grand Hôtel de Rimini - où se déroulera selon la tradition la cérémonie d'ouverture du marché des transferts - le PDG Carnevali devra aller bien au-delà des plaisanteries les plus cordiales avec Luis Campos ainsi qu'avec le reste de la délégation du Paris Saint-Germain. Surtout si, comme il semblerait, Nasser Al-Khelaifi devait également se présenter. Encore brûlé par le modus operandi de Damien Comolli et par ce tête-à-tête malheureux et néfaste qui, au final, a obligé le PSG à garer Kolo Muani à Tottenham (sans garanties sur son futur rachat) et le directeur général d'alors à se tourner au dernier moment sur Lois Openda pour 46 millions. Une défaite qui n'a même plus de sens de commenter... Coups, certitudes et transferts possibles : le double de la Juve qui vote Spalletti « Laissons le passé derrière nous », le sens du toast initial que Carnevali aura l'occasion de porter dans l'une des nombreuses salles de l'hôtel Romagne, grâce à l'excellente relation - construite au fil des années - avec le directeur sportif Campos. Très heureux de pouvoir refaire l'axe avec la Juventus Turin. Après tout, c'est bon pour tout le monde. Oui, même à un PSG double champion d'Europe et capable de récolter la somme faramineuse de 75 millions grâce à l'un des nombreux licenciements (Goncalo Ramos). Et si tout se passe bien, ce plafond pourra bientôt franchir la barre des 110 millions. Attention en effet à ne pas vous faire croire que le but de l'expédition parisienne est de nature purement diplomatique. Il existe au contraire une volonté partagée d’archiver rapidement et une fois pour toutes le cas Kolo Muani. Ces dernières semaines, la Juve est passée de simples promesses exprimées par Comolli à l'entourage de l'attaquant français à des faits, mettant en place une véritable négociation. Et peu importe qui sait quels efforts il aura fallu pour convaincre Kolo, qui n'a jamais digéré son échec à revenir au noir et blanc. Il fallait cependant trouver un accord sur la durée, sur les chiffres et - encore une fois - pour illustrer le projet de la prochaine saison au garçon. Le résultat ? Le garçon est oui au projet de contrat qui le liera à la Juventus pour les cinq prochaines années à raison de cinq millions par saison. Un an de plus que ce que l'on craignait auparavant, pour permettre au club d'étaler un salaire qui fera de lui le troisième joueur le mieux payé de l'effectif, derrière David (à supposer qu'il reste) et Kenan Yildiz. Les proches de Kolo parlent de la joie, de la frénésie et de l'impatience qui caractérisent généralement les nouveaux départs. Mais aussi un peu d'appréhension compréhensible quant à ce que seront les implications du premier sommet officiel entre la Juventus et le PSG. Il ne manque plus qu'un accord entre les clubs pour que le Français puisse à nouveau fantasmer sur sa nouvelle maison à Turin. Il est encore trop tôt pour fixer la date du déménagement, même si Spalletti semble avoir été rassuré sur le fait que Kolo arrivera à temps pour le rassemblement de Continassa le 13 juillet. C'est du moins le rêve des deux directions. L'objectif le plus probable - celui sur lequel Lucio ne fait aucun compromis - coïncide avec la dernière semaine de juillet, afin de permettre au garçon d'effectuer au moins une poignée d'entraînements avant de partir pour la tournée entre Hong Kong et Perth. Le premier problème que la Juve et le PSG seront appelés à résoudre - il va sans dire - coïncide avec le coût du prix. Les Parisiens le valorisent actuellement à plus de 40 millions. Ce chiffre reste encore prohibitif pour la direction de la Juventus qui s'est dite prête à atteindre un maximum de 35, bonus compris. Mais - disions-nous - il s'agit d'estimations de nature embryonnaire, en partie polluées par les conséquences émotionnelles de ce qui s'est passé l'été dernier. L’impression, en effet, est que les deux clubs, ayant épuisé le jeu de rôle canonique, feront tout pour se rejoindre. Une fois le prix au carré, nous passerons alors à la formule du deal. Sur le papier, étape la moins « dangereuse » de la négociation : les Parisiens, évidemment, seront favorables au transfert définitif. Mais il ne peut être exclu qu'ils acceptent également la formule du prêt onéreux avec obligation de remboursement conditionnée à la réalisation de certains objectifs.