MILAN - Si jusqu'à présent Ruben Amorim a été un élément - certainement important - du mécanisme qui gérait le marché des transferts milanais, désormais la barre du bateau Rossoneri passera entièrement entre les mains de l'entraîneur portugais. Il est peu probable que Gerry Cardinale, après un été très actif, puisse être encore aussi présent dans le quotidien du Diable (il suivra pourtant quasiment tous les matchs en direct).
C'est maintenant au tour d'Amorim. Il appartient au nouvel entraîneur milanais de façonner une équipe qui, au-delà des bonnes ambitions affichées publiquement, doit retrouver la Ligue des champions après deux saisons d'absence. Une équipe qui a changé, pas autant que le club et l'entraîneur l'avaient sans doute supposé au début de l'été, et donc incomplète.
Du moins sur le papier, à moins qu'Amorim ne parvienne à cuisiner les ingrédients de la meilleure des manières. En fin de compte, c'est la même chose que ce qu'avait fait Allegri : sans compter le faux départ avec Cremonese et l'effondrement du printemps, l'entraîneur de Livourne avait obtenu 24 résultats consécutifs utiles entre fin août et février, restant jusqu'à la mi-mars non seulement dans la zone de la Ligue des Champions, mais dans le sillage de l'Inter.
Allegri avait dû rétablir l'équilibre - tactique et mental - dans une équipe qui sortait d'une saison en dents de scie avec Fonseca et Conceiçao. La tâche d'Amorim sera différente et plus complexe. Parce qu'Allegri a dû normaliser, Amorim devra passer à l'étape suivante, changer la puce pour un groupe de joueurs habitués à interpréter des matchs avec un type de football complètement différent de celui que le Portugais a en tête.
Après un été sous le signe work in progress, les joueurs des deux premiers matches de championnat ont montré qu'ils avaient commencé à mettre en œuvre bon nombre des demandes d'Amorim. Évidemment, l’équipe ne peut pas être comme Amorim le souhaiterait actuellement, mais les premières sensations sont positives. En ce sens, l'impact de Gila et Gonçalo Ramos nous donne de l'espoir : le premier est le défenseur rapide, agressif et tactiquement intelligent qui manquait, le second le 9 qu'Allegri aurait également aimé entraîner (et qui sait comment la saison se serait terminée avec un attaquant comme lui).
Baresi infini, San Siro est ému : l'hommage avant Milan-Venise est passionnant. Amorim devra désormais insérer Diego Moreira et Hutchinson, deux joueurs demandés par l'entraîneur, deux achats qui ont conduit le club à de nouveaux investissements importants. Ce ne sera pas facile, car Moreira est un latéral très offensif, donc difficile à égaler Chukwueze : soit l'un, soit l'autre, comme l'a expliqué Amorim lui-même.
Hutchinson est le milieu offensif gaucher qui manquait, parfait dans le 3-4-2-1 portugais, mais les inconnues sont liées à la dernière saison en clair-obscur et à la pression qu'il devra supporter, très différente de celle vécue avec Ispwich et Nottingham. Comme il est écrit, Amorim devra donc savoir masquer les lacunes qui attirent l'attention aujourd'hui : l'absence d'un défenseur central autre que Gila, plus adapté à son football (et d'ailleurs le club y a pensé, tardivement, dans les derniers jours du marché des transferts) ; un cinquième à gauche qui donne plus de garanties qu'Estupinan et Bartesaghi ; un milieu de terrain qui semble court au vu des trois compétitions (avec Modric qui aura 41 ans dans une semaine et ne semble pas le joueur idéal pour un milieu de terrain à deux) ; la présence uniquement de Camarda comme alternative à Gonçalo Ramos qui ne pourra pas jouer tout le temps pour ne pas manquer d'essence d'ici Noël.
Le ballon passe à Amorim.




